Transformation et agrandissement bibliothèque cantonale - Lugano - Tessin


Architecte de la première étape Rino Tami

achat




concours
2001

en collaboration avec
Berclaz & Torrent
architectes - Sion





préambule
A travers quelques citations de grands théoriciens de l’architecture, nous voulons non seulement nous inspirer de leurs enseignements mais surtout leur rendre hommage, eux, les locataires de nos bibliothèques.

restauration, références, langage
Ego vero, Caesar, neque alienis indicibus mutatis interposito nomine meo id profero corpus neque ullius cogitata vituperans institui ex eo me adprobare, sed omnibus scriptoribus infinitas ago gratias, quod egregiis ingeniorum sollertiis ex aevo conlatis abundantes alius alio genere copias praeparaverunt, unde nos uti fontibus haurientes aquam et ad propria proposita traducentes facundiores et expeditiores habemus ad scribendum facultates talibusque confidentes auctoribus audemus institutiones novas comparare.
(Vitruvio)

“Restaurer un édifice, ce n’est pas l’entretenir, le réparer ou le refaire, c’est le rétablir dans un état complet qui peut n’avoir jamais existé à un moment donné.“
(E. Viollet-le-Duc)

“On conçoit ce qu’il y a de difficile, peut-être même d’impossible, dans l’opération dont le but serait, dans une belle sculpture antique, assortir à une moitié d’un corps d’Apollon ou de Vénus, la moitié qui lui manquerait, soit par en haut soit par en bas. Mais on ne conçoit pas quel danger pourrait courir plus d’un édifice mutilé, si l’on complétait, par exemple son péristyle avec une ou plusieurs colonnes faites à l’instar de leur modèle, et dans la même matière et avec les mêmes mesures. Telle est, dans un grand nombre de cas, la nature de l’art de bâtir, que de semblables adjonctions peuvent se faire à un bâtiment demi-ruiné, sans occasionner à la partie conservée la moindre altération.“
(Quatremère de Quincy)

Les citations de Viollet-le-Duc et de Quatremère de Quincy nous indiquent que le but d’une restauration n’est pas de reprendre l’architecture de son concepteur mais le langage à travers lequel il s’exprime. Quand à Vitruve, il nous explique que nous pouvons nous référer aux maîtres puisque ceux-ci, à travers leurs œuvres ont déjà répondu à la plupart de nos interrogations.

l’annexe
Partant de là, il a semblé judicieux de faire référence, pour la construction de l’annexe, au mur déjà existant dans le parc. Toutefois, sa matérialisation se réfère à une réalisation de Rino Tami, le Deposito Maggi à Avegno, construite en partie avec ce matériau.

Le thème du socle percé de fenêtres que l’on remarque sur tous les côtés de la bibliothèque est également repris, le niveau des tablettes de la façade correspondant à la couverte des ouvertures de l’annexe.

“J’ajoute que celui qui, sans trahir les conditions modernes d’un programme, ni l’emploi de matériaux modernes, aurait produit une œuvre qui aurait semblé toujours existé, qui, en un mot, serait banale, je dis que celui-là pourrait se tenir pour satisfait. (Auguste Perret)

L’expression de banalité de l’annexe ainsi que de la distribution verticale, en raisonnance avec Perret, s’inscrit également dans le langage général de la bibliothèque.



Les images >>>